jeunes qui discutent

Le 1er octobre, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se réuniront à Luxembourg pour discuter notamment des retours, de la coopération avec les pays tiers et de la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile. Une réunion qui s’inscrit dans une tendance désormais bien installée : celle d’un durcissement permanent des politiques migratoires européennes.

Malheureuse coïncidence : ce même 1er octobre, le Luxembourg modifiera ses propres procédures d’immigration. Les ressortissants de pays tiers souhaitant s’y installer devront désormais introduire personnellement leur première demande de visa de long séjour auprès d’une représentation diplomatique luxembourgeoise ou, à défaut, auprès de la représentation belge compétente.

Présentée comme une simplification et une harmonisation européenne, cette réforme risque pourtant de compliquer concrètement l’accès à la migration légale, notamment pour les personnes vivant dans des pays où le réseau diplomatique concerné est peu accessible. Déplacements parfois importants, coûts supplémentaires et comparution personnelle peuvent transformer une modification administrative en véritable obstacle.

Durcir encore : pour quels résultats ?

Depuis des années, l’Union européenne renforce ses frontières extérieures, accélère les retours et externalise toujours davantage le contrôle migratoire vers des pays tiers. Pourtant, cette logique d’« Europe forteresse » n’a fait disparaître ni les migrations ni les réseaux de passeurs. Elle a surtout contribué à rendre les routes migratoires toujours plus dangereuses.

Si l’Union européenne veut réellement combattre les réseaux criminels et réduire l’immigration irrégulière, elle doit aussi offrir des alternatives. Cela passe par le développement de voies légales et sûres pour le travail, les études, le regroupement familial et la protection internationale.

Il est dès lors particulièrement contradictoire de vouloir lutter contre l’immigration irrégulière tout en rendant, dans le même temps, les voies régulières plus difficiles d’accès.

L’ASTI s’inquiète également d’une logique de surenchère dans laquelle les gouvernements européens, face à la progression de l’extrême droite, reprennent progressivement son cadrage et ses priorités en matière de migration. L’expérience récente de plusieurs pays européens devrait pourtant inviter à s’interroger sur cette stratégie plutôt qu’à l’amplifier.

Le Luxembourg et l’Union européenne ont besoin d’une autre approche : une politique migratoire réaliste, fondée sur les faits plutôt que sur les peurs, qui tienne compte des besoins économiques et démographiques, développe les voies légales et sûres et garantisse la protection des personnes qui en ont besoin, car l’histoire de l’humanité le montre,  les migrations ont toujours existé et existeront toujours.

Les droits fondamentaux ne sont pas un obstacle à la politique migratoire. Ils doivent en être le point de départ.

ASTI asbl – 30 septembre 2026

Translate...