Sénégal-Luxembourg, un peu plus de 7 secondes de distance

De Gorée aux naufragés du désespoir

Youssou N’Dour nous entraîne en promenade musicale sur les chemins de l’esclavage dans « Retour à Gorée ». Nous voulons rapprocher Sénégal et, Luxembourg, tout en allant au-delà de toute comparaison.
De nos jours, le Sénégal n’est plus le théâtre des départs d’esclaves, il est cependant le lieu d’autres départs, à première vue non forcés : jeunes Africains risquant leur vie sur des embarcations de fortune pour essayer d’atteindre l’avant-poste de l’Europe, les Canaries.
Alors que pour nous Européens aller au Sénégal – ou ailleurs en Afrique – pose de simples questions d’obtention de visa, pour les Africains emprunter la route inverse relève de l’exploit. Les voies légales étant de plus en plus étroites, voir carrément fermées, l’absence de perspectives sur place, le désespoir et la volonté de subvenir à la famille poussent ces jeunes à tenter le saut des côtes d’Afrique de l’Ouest comme de celles du Nord vers l’Europe. Evoquons les économies envoyées par les expatriés africains vers leurs familles. Elles constituent le double de l’aide publique au développement fournie par les pays riches. L’émigration continuera tant que l’Europe aura besoin de bras et de cerveaux qu’elle ne produit plus en assez grand nombre : il faudrait une politique européenne commune d’immigration, les Etats-membres arrivent seulement à lutter contre l’immigration non réglementée. Payé par le Luxembourg, un avion participe aux contrôles aériens le long des côtes africaines! Combler le fossé entre l’Europe et l’Afrique par une politique de développement, ce à quoi le Luxembourg contribue en ayant fait e.a. du Sénégal un de ses pays partenaires. C’est par une cinquantaine d’étudiants sénégalais à l’Université du Luxembourg que les liens humains continuent à se tisser. Les enjeux sont de part et d’autre de taille: ici une société en déficit démocratique et une population vieillissante qui doit recourir pour la survie de son
système de retraites à des jeunes venus d’ailleurs, là-bas une population jeune, un chômage endémique, une dépendance croissante de l’étranger.
Il faudra un effort colossal, pour et avec l’Afrique, pour que la connaissance de l’autre y apporte sa modeste contribution.

Suite du supplément à téléchargez ici>pdf downloaden