De fortes disparités
Niveau d´instruction des immigrés
La population immigrée installée au Luxembourg ne présente pas un visage homogène si on l´examine au regard de son niveau d´éducation et d´instruction. Ce qui n´est pas pour faciliter l´action du pouvoir politique dans ses efforts de maintien de la cohésion sociale. Il existe toutefois un mouvement qui traverse le phénomène migratoire: le niveau d´instruction s´améliore au fil du temps, traduction de la tertiarisation de la société luxembourgeoise ces dernières décennies.
Avec un peu plus des trois quarts de personnes n´ayant pas dépassé le niveau de l´enseignement primaire, les immigrés portugais installés au Luxembourg correspondent le mieux à l´image du travailleur immigré traditionnel , peu qualifié et affecté à des tâches délaissées par les Luxembourgeois. Voilà qui ressort de l´étude réalisée par le STATEC (Service central d´études statistiques et économiques) à partir de l´enquête sur les forces de travail remontant à 2005.
Cette enquête prend en compte les salariés âgés de 30 à 65 ans ne travaillant pas dans les institutions internationales établies au Luxembourg. Et elle distingue quatre niveaux d´instruction: le primaire, le secondaire inférieur, le secondaire supérieur et l´enseignement supérieur, autrement dit les universités ou encore les hautes écoles.
Les nouveaux plus qualifiés
Avec un ressortissant sur cinq, cette proportion reste relativement élevée dans la communauté italienne. Mais à l´autre extrémité, on constate que six Belges sur dix venus s´installer au Luxembourg sont détenteurs d´un diplôme de l´enseignement supérieur. Cette part reste relativement importante chez les Français, plus de la moitié d´entre eux, et chez les Allemands , près de la moitié d´entre eux. A titre de comparaison, seulement un Luxembourgeois sur quatre a atteint ce niveau. De l´enquête, il ressort encore que le niveau d´instruction de la population immigrée s´est amélioré de façon sensible au cours du temps. Alors que la part des diplômés de l´enseignement supérieur ne s´élevait qu´à 15 % il y a plus de vingt ans, elle a atteint près de 60 % chez ceux arrivés au cours des cinq dernières années.
Tout naturellement, la part des salariés qui ont arrêté leurs études après l´école primaire a nettement diminué. Pour les mêmes périodes , il est tombé de 40 % à 15 %. Des chiffres significatifs qui sous-évaluent le phénomène. Il est connu que la main-d´uvre hautement qualifiée reste moins longtemps au pays en raison de la rotation qui s´effectue tout naturellement dans les entreprises avec des cadres déménageant périodiquement pour profiter des chances de promotion. Une bonne partie des immigrés venus voilà dix ou quinze ans n´étaient donc plus présents au moment de l´enquête qui s´est déroulée en 2005.
Ce relèvement du niveau d´instruction n´a rien d´étonnant. Il est aussi le reflet d´un Grand-Duché passé très rapidement de l´ère industrielle à une société tertiarisée où la place financière occupe une place prépondérante.
Jean-Marie Denninger
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