Un porte-parole qui ne sait rien ou un Vice-président du CNE qui prétend tout savoir sans même le confirmer?

Dans une Carte Blanche publiée sur Paperjam.lu le 21 juillet 2017, sous le titre « Un porte-parole qui ne sait rien, mais qui nous dira tout », Monsieur Pedro Castilho – Vice-président du Conseil National pour Étrangers (CNE) sortant – prétend que le porte-parole de l’ASTI aurait eu des propos offensants pour les membres du CNE sans citer la source des supposées affirmations. Comme les seules déclarations prononcées par la personne en question – à savoir, moi-même – sur le CNE sont celles contenues dans un article publié sur Paperjam.lu le 17 juillet 2017, je pars du principe que c’est à cet article qu’il fait référence.

Monsieur Castilho commence sa Carte Blanche en contestant la légitimité du porte-parole de l’ASTI à se prononcer sur les travaux du CNE. Il semble ignorer que l’ASTI asbl est électrice du CNE. C’est peut être normal, puisque lui même est membre effectif désigné par le Ministère de tutelle pour représenter la société civile – donc non élu par les associations électrices.

Pour ce qui est des supposés propos tenus par le porte-parole de l’ASTI, regardons en détail les citations qui me sont attribuées attribuées, reprises dans l’article original.

1. «Le CNE a été totalement absent du débat sur le référendum», souligne Sergio Ferreira, porte-parole de l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti), «et totalement absent du débat en lien avec la situation des résidents non luxembourgeois au Luxembourg». ;
2. «Le mode électoral actuel ne permet pas à nos yeux d’avoir plus de représentativité et plus de poids», souscrit Sergio Ferreira ;
3. «En vue des élections législatives de 2018, il me semble aussi important que les différents partis se prononcent sur la façon dont ils voient le CNE et son rôle, puisque c’est quand même le seul organe supposé représenter les étrangers au Luxembourg. Il faudrait peut-être donner plus de poids au CNE pour représenter effectivement les étrangers qui vivent au Grand-Duché.» Un appel aux politiques que relaie volontiers Sergio Ferreira.

En dehors de ces citations, rien d’autre ne peut être interprété comme des déclarations du porte-parole de l’ASTI sur le CNE. Ainsi étant, il est incompréhensible que Monsieur Castilho, connu et reconnu comme expert en communication, ne sache pas distinguer ce que sont des analyses de la journaliste qui a écrit l’article et des citations clairement identifiées.

Il est ainsi faux, comme l’affirme Monsieur Castilho, que le porte parole de l’ASTI :

1. « prétend que le mandat du CNE démarré en 2012 et qui s’achève cette année n’aurait rien fait et que ce serait de la faute du président qui n’a ni la légitimité ni la capacité de fédérer, nécessaires à une telle fonction.» ;
2. « relaie un ouï-dire, qui est incomplet et imprécis et qui somme toute n’apporte aucune solution aux problèmes qu’il semble avoir identifiés au sein du CNE actuel et qu’il espère qu’un simple changement d’équipe pourra solutionner » ;
3. « Le porte-parole de l’ASTI insinue que le président serait illégitime de par le mode de scrutin et incompétent au moment de fédérer les membres du CNE. » ;

Monsieur Castilho conclut donc tout à fait abusivement que « les propos du porte-parole de l’ASTI sont offensants pour ceux qui au cours des cinq dernières années se sont assis autour de la table pour faire avancer les dossiers, pour rédiger des avis, pour essayer de limer les aspérités au sein du CNE », puisque cette conclusion est basée sur des affirmations qui ne peuvent pas être attribuées au porte-parole de l’ASTI.

Par contre, force est de constater que celui qui « relaie un ouï-dire, qui est incomplet et imprécis » est non pas le porte-parole de l’ASTI mais bien Monsieur Castilho lui-même.

Dans la même Carte Blanche, Monsieur Castilho se permet de faire des affirmations sur l’ASTI et son travail, en pointant l’incapacité de cette association à fédérer. Presque 40 années de travail de terrain alimentant le travail politique de l’ASTI, souvent en partenariat avec de nombreuses autres associations, sont la réponse la plus concrète et adéquate à la volonté de l’ASTI de promouvoir le meilleur vivre-ensemble au Luxembourg.

Pour terminer, tout en me réservant le droit de répondre par d’autres moyens prévus par la loi, j’ose espérer que cette polémique se termine ici et, comme le dit justement Monsieur Castilho, « nous pensons que les intérêts des étrangers à Luxembourg sont plus importants que les querelles qui peuvent diviser les individus. Parce que nous pensons que les différents qui opposent les membres dans une institution ne doivent pas empêcher celle-ci de fonctionner. L’intérêt commun prime sur les egos personnels ».

Dont acte…

Sérgio Ferreira
Porte-parole de l’ASTI asbl

P.S.: ce même texte a été envoyé au Paperjam, qui a publié l’article suivant: Sérgio Ferreira (Asti) remet les points sur les i

Lien de l’article publié sur paperjam.lu le 17 juillet 2017: lire

Lien de la Carte Blanche publiée sur paperjam.lu le 21 juillet 2017: lire