Accord Luxembourg Cap-Vert : des avancées trop lentes sans vrais réponses pour la communauté capverdienne

Communiqué de presse

La Chambre des Députés a voté mardi le 27 juin un projet de loi qui approuve « l’Accord entre l’État du Grand-Duché de Luxembourg et la République du Cabo Verde relatif à la gestion concertée du flux migratoire et au développement solidaire ».

Cet accord, conclu en 2015, est la suite d’autres accords entre le Cap Vert et l’Union Européenne, notamment celui qui facilite l’octroi de visas de court séjour ou celui de la réadmission des personnes en séjour irrégulier. Par l’accord voté cette semaine au Parlement, quelques spécificités des relations entre les deux pays ont été mises en place.

Ainsi, la coopération entre les deux pays est un élément charnière des relations diplomatiques, politiques, économiques et culturelles. La présence d’une importante communauté capverdienne ou d’origine capverdienne constitue aussi un élément fondamental de ces relations.

Rien de plus normal donc, qu’après avoir conclu un accord du même type avec la France, le Luxembourg s’ensuive. Les mouvements migratoires entre l’archipel et le Grand-Duché ne datent pas d’hier et assument un caractère structurel.

La Fédération des Associations Capverdiennes du Luxembourg et l’Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés ne peuvent que saluer la négociation et la mise en vigueur de cet accord. Il fixe des règles claires pour des dispositions déjà existantes et crée de nouvelles possibilités de mobilité réciproques, ce qui est très positif. Il est toutefois regrettable que les travailleurs non-qualifiés – qui constituent le gros de l’immigration capverdienne au Luxembourg – soient les grands oubliés de cet accord.

Dans le détail, l’accord prévoit, par exemple, la création d’un visa à entrées multiple d’un maximum de 90 jours sur 6 mois, valable de 1 a 5 ans. Une telle disposition est louable, car elle évite ainsi des demandes de visa répétées nécessitant beaucoup de temps à être attribués. Moins positif est le fait que cette disposition ne cible que les personnes « hautement qualifiés » comme les avocats, les hommes d’affaires ou les fonctionnaires d’État.

Les jeunes sont aussi concernés, car ils pourront circuler plus facilement entre le Cap Vert et le Luxembourg et vice-versa. Ainsi ceux entre 18 et 35 ans pourront, sous certaines conditions, venir travailler au Luxembourg (ou inversement au Cap Vert) sans obligation du test de marché, pour une durée maximale de 3 à 18 mois. Néanmoins, pourquoi avoir limité cette facilité à 10 personnes par année ? Ceci est difficilement compréhensible et rend l’impact de la mesure dérisoire.

Ces deux exemples, démontrent bien l’esprit de l’accord : avancer mais à petits pas sans vraiment répondre aux besoins de la communauté capverdienne au Luxembourg !

La FACVL et l’ASTI regrettent le caractère restrictif des dispositions de l’accord qui ne répond pas aux défis de la réalité de la migration capverdienne au Luxembourg.

Puisque l’accord sera certainement la cible d’évaluations et d’évolutions, nous appelons les autorités des deux pays pour que les institutions de la diaspora, comme son Conseil, et le mouvement associatif capverdien du Luxembourg, soient impliqués dans le suivi de son application.

Fédération des Associations Capverdiennes au Luxembourg asbl

Association de Soutien aux Travailleurs Salariés asbl