Réaction du LFR sur le Rapport Annuel 2016 de la Médiateure

Réaction du LFR sur le Rapport Annuel 2016 de la Médiateure (Ombudsman) et annonce de l’accueil de deux nouveaux membres

Le « Lëtzebuerger Flüchtlingsrot » (LFR), collectif d’associations expert en matière d’asile et droits humains au Luxembourg, a pris connaissance avec intérêt des recommandations adressées au gouvernement par la Médiateure du Grand-Duché de Luxembourg en matière de traitement des demandes de protection internationale et d’accueil des réfugiés.

Un délai trop long pour le traitement des dossiers et le manque de transparence

Le LFR salue le travail important effectué par la Médiateure, qui a dû gérer de nombreuses réclamations de la part de demandeurs de protection internationale (DPI) attendant une réponse à leur demande « depuis plusieurs mois, voire depuis plus d’un an », et qui souligne la « lenteur excessive » du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes (MAEE) dans le traitement de certains dossiers. Ces constatations confirment les témoignages recueillis par le LFR, et ainsi, la légitimité des alertes adressées au Ministre depuis plusieurs mois.

En effet, cela fait longtemps que le LFR a tenté d’attirer l’attention du Ministre sur le manque de transparence qui entoure le traitement des dossiers de demande de protection internationale, doublé d’une absence de réponse de la part de la Direction de l’Immigration lorsque des informations sont demandées par les DPI. Nous constatons à regret que cet état de fait concerne un très grand nombre de dossiers traités par la Médiateure, dans lesquels les DPI « avaient  sollicité  des informations de la part de la Direction de l’Immigration quant à l’état d’avancement de la procédure mais restaient sans nouvelles ». Comme le mentionne encore la Médiateure, « le fait d’ignorer combien de temps il leur faudra encore attendre avant d’être fixé sur leur sort engendre une grande souffrance  psychologique ».

Promiscuité et défaut de réelles stratégies d’intégration

Le LFR partage entièrement les analyses de la Médiateure en rapport avec le manque d’intimité des familles hébergées dans les foyers, qui doivent parfois cohabiter pendant des mois dans une seule et même pièce. De plus, alors que les DPI arrivant au Luxembourg ont souvent subi des traumatismes importants tout au long de leur parcours, et qu’une formation systématique et approfondie du personnel en contact avec les DPI à la détection des signes de vulnérabilité s’avère indispensable, « le temps de formation est toutefois limité à une demi-journée et constitue d’avantage une première sensibilisation ou introduction».

Tout comme la Médiateure, le LFR déplore le fait que pour plusieurs structures d’hébergement, les enfants DPI soient scolarisés dans l’enceinte même du foyer. Le rapport souligne bien le fait que « l’accueil des enfants dans les maisons  relais et leur  participation  aux activités parascolaires peuvent être un facteur d’intégration important ».

La Médiateure n’oublie pas de rappeler le besoin de garanties par rapport aux conditions dans les foyers : « il ne fait aucun doute qu’un système de contrôle externe, neutre et impartial des infrastructures d’accueil et d’hébergement des demandeurs voire des bénéficiaires de protection internationale s’impose pour veiller au respect des standards minima prévus par les normes internationales. »

La Médiateure met aussi en évidence les difficultés que les DPI rencontrent pour avoir un rendez-vous avec le personnel de l’OLAI qui assurent le suivi social. La recommandation dans ce cas de figure est aussi claire : « Pour que des rendez-vous avec les assistants sociaux puissent être accordés plus facilement, un renforcement des effectifs s’avère nécessaire. ».

Le LFR aura à cœur de maintenir le dialogue avec la nouvelle Médiateure Claudia Monti, qui a succédé à Lydie Err au mois d’avril.

L’action du LFR en faveur des réfugiés renforcée par l’arrivée de deux nouveaux membres

Le LFR est très heureux d’accueillir l’Asbl Passerell et le projet Reech-eng-Hand parmi ses nouveaux membres. Passerell A.s.b.l., créée en 2016, favorise le lien social entre les demandeurs d’asile et les résidents du Grand-Duché à travers l’organisation d’évènements et la création de tandems citoyens (www.passerell.lu). Le projet Reech-eng-Hand (Tends la main) est un projet de l’Église catholique qui vise depuis 2015 à accueillir et accompagner des personnes DPI et BPI dans leur nouvelle vie au Luxembourg.

La diversité de leur expérience et la transversalité de leurs compétences seront un atout formidable pour le LFR dans notre lutte pour le respect des droits des personnes qui ont du quitter leur pays et qui cherchent refuge au Luxembourg.

Luxembourg, le 13 avril 2017