20 juillet : une longue journée!

10 heures: l’ASTI apprend que 4 familles – 3 bochniaques et 1 serbe – du Kosovo ont été « cueillies » ce matin dans leurs foyers respectifs et amenés à l’aéroport
14 heures: nous annonçons une conférence de presse, pour l’annuler quelques minutes plus tard: un recours en référé se prépare.

15 heures: nous rendons visite aux « enfermés » au Centre AIDA à l’aéroport

16.30 et après: multiples contacts presse

communiqué de presse de l’ASTI à 17.53 heures

Situation avant décisions du tribunal administratif par rapport aux 4 recours en référé.

a) de facto
Sont enfermés au Centre AIDA au Findel:
4 couples et 8 enfants
1 famille au Luxembourg depuis 4 ans, 3 familles depuis 2 ans.
3 familles bochniaques, dont une mixte albanaise et une famille serbe: deux minorités du Kosovo!

Une Famille a eu son « Annulé » c’est à dire le dernier acte dans une procédure d’asile le 2 juillet, accompagné d’une lettre circulaire de l’OIM. Le 7 juillet le gouvernement du Kosovo a donné son accord pour la  recevoir, accord indispensable pour mettre en route un retour.  La politique explicite du Ministère de l’Immigration est de promouvoir des retours assistés par l’Organisation Internationale des Migrations. Encore faut-il qu’elle soit relayée par les agents du Ministère de la Famille en contact direct avec les demandeurs d’asile. On dirait qu’il a fallu faire vite et ne pas s’encombrer de quelques moments consacrés à convaincre.

Une famille a des enfants majeurs, mariés et installés légalement au Grand duché. Un argument? Juridique non valable,  humainement pas pris en compte!

Un père de famille devait être opéré des yeux, opération quasi impossible au Kosovo. Des contacts avaient été pris avec un hôpital spécialisé à Trêves.

Une fois les vacances scolaires entamées, une solidarisation des élèves et des enseignants est évitée!
On semble miser davantage sur la peur et l’exemplarité: l’été, la saison des départs (forcés)? Demain ce sera le tour de qui ?

b) de jure

Le centre AIDA au Findel est un lieu d’enfermement sans base légale.
Il n’y a de lieux d’enfermement (autre que psychiatrique) que le Centre Pénitentiaire de Schrassig  et le centre de Givenich, tout comme la zone d’attente dans l’enceinte de l’aéroport et bientôt le Centre de Rétention actuellement en construction.
La privation de liberté est un acte grave pour lequel un Etat de droit doit créer un cadre juridique. AIDA n’en a pas.

21 heures: verdict du Vice président du tribunal administratif : 2 familles pourront rester le temps d’analyser au fonds leur dosssier.
Question : qu’a-t-on fait pendant les 2 respectivement 4 ans quant à l’examen de fonds de leur dossier?
Fallait – il statuer un exemple ?

communiqué de presse: 21.42 heures
Dernière minute!

Le Vice-président du tribunal administratif a ordonné de permettre à 2 des 4 familles « hébergées » au centre AIDA à l’aéroport de rester au Luxembourg jusqu’à ce que le tribunal ait pu statuer quant au fonds !

Conclusion: il vaut toujours la peine de se battre, même si le succès n’est pas toujours – ou alors seulement à moitié – au rendez – vous!

Rappelons ici la prise de position de l’ASTI du 6 juillet 2010

Le renvoi des déboutés du droit d’asile : une politique du tirage au sort?

Le temps est venu de faire le ménage, de faire rentrer des déboutés du droit d’asile vers le Kosovo. Lesquels? Pourquoi? Autant de questions que l’on peut se poser en apprenant que trois familles ont été amenées ce mardi au Centre « Aida » à l’aéroport en vue d’être expulsées vers le Kosovo. Parmi ces familles – prises au hasard ou pour statuer un exemple? – il y en a une qui est au Luxembourg depuis plus de 6 ans ! Elle y a appris  le français et l’allemand, pour rien.  Pendant des années elle a bénéficié d’un statut de tolérance et le mari, hébergé à Mullerthal est allé travailler avec autorisation à l’appui à la coopérative fruitière de Steinsel. L’aîné des deux enfants nés ici a fréquenté le cycle 1 de l’école fondamentale, la Spillschoul. A
6 heures ce matin le réveil de la famille  n’était pas habituel, puisqu’il se faisait par les forces de l’ordre.
Le gouvernement luxembourgeois a mis en place un ambitieux programme de soutien aux retours avec l’Organisation Internationale des Migrations. L’OIM promeut une politique de retour volontaire, le cas échéant par des microcrédits.  Reste à savoir de quelle façon les éventuels bénéficiaires de pareil appui sont informés systématiquement que pareille perspective est à considérer comme ultime alternative à un retour forcé.
Et, toujours pour la même famille, une procédure en vue de l’obtention d’une Autorisation de Séjour Provisoire est en cours.
Pourquoi le « sort » s’est-il acharné sur cette famille, selon quels critères a-t-elle été choisie, s’agit -il d’intimider d’autres?
ASTI